Sens-Vézelay : 110 km environ qui montent progressivement vers le Morvan. C’est la deuxième étape du périple.

On sort de Sens en suivant l’Yonne sur une très courte distance.

On s’enfonce ensuite dans les terres où l’on franchit des petits rus ombragés avant de se retrouver au milieu de champs de coquelicots (quelle merveille ! Jamais, je crois, je n’avais vu autant de coquelicots qu’en ces quelques journées.).

On rejoint ensuite l’Yonne et le canal du Nivernais, entremêlés l’un à l’autre, et qu’on suit un moment : fleurs, usines de tréfilerie, notamment (à en croire les grandes bobines qu’on aperçoit), barrages et écluses.

A Rosoy, bordé de tilleuls et où chantent les oiseaux, on quitte le canal.

A partir de Véron, on oblique vers l’Est pour grimper au travers des fleurs vers le Pays d’Othe, paradis des jolies vaches.

On avance ensuite dans une vallée qui, ce jour là, s’étendait paisiblement sous une douce alternance de gris et de bleu.

A Dixmont, la jolie église Saint-Gervais et Saint-Protais.

On prend ensuite la route du Prieuré de l’Enfourchure, dont on voit une arche ruinée, puis la route de Saint-Ange, pour traverser la forêt domaniale de l’Abbesse, où chantent les oiseaux. Les oiseaux ! Quel bonheur que d’entendre leur chant !

A Bussy en Othe, un monastère orthodoxe (Notre-Dame de Toute Protection) et une église orthodoxe toute neuve entres lesquels circulent des femmes voilées. L’une d’elles, me voyant devant la grille, me dit combien il est dommage que ce soit l’heure du déjeuner et que je ne puisse visiter l’église car elle est très belle.

Un peu plus loin, près de la place du village, une église qui paraît n’avoir gardé que son choeur et son clocher, seul un mur aux arcades marquant la trace de l’ancienne nef.

Sur la place du village proprement dite, une étrange fontaine, qui faut également office de cadran solaire, et sur laquelle sont sculptées têtes de sangliers et écureuil.

Plateau, vallées et jolies vaches à nouveau jusqu’à Seignelay, où s’arrêta Jeanne d’Arc, dit une plaque sur le fronton de l’église.

Après, l’horrible entrée à Auxerre, une bien jolie ville dont je reparlerai.

Quelle horreur que ces zones industrialo-commerciales qui s’étendent autour des villes et transforment la campagne en un on-ne-sait-quoi laid et triste. Enfin ! Je sais maintenant où sont fabriqués les yaourts Yoplait et l’Yonne républicaine.

Et toujours ces fausses voies cyclables qui donnent peut-être bonne conscience aux édiles mais qui ne servent à rien parce quelles sont défoncées et servent de places de parking aux voitures et aux camions !

On traverse l’Yonne, ce qui permet d’apercevoir la cathédrale Saint-Etienne et la statue de Paul Bert (pourquoi élève-t-on des statues à Paul Bert ?), natif d’Auxerre..

Après Auxerre, tout change. On suit une très agréable (et plate !) promenade puis voie cyclable le long du canal du Nivernais. Ah ! le canal du Nivernais : providence des cyclistes bourguignons !

Il y a, probablement à Vincelles, une très jolie petite église – l’église de l’Assomption – un peu à l’écart du canal.

A Vincelles, diverses rencontres : des cyclistes que j’ai déjà croisés le matin et que je recroiserai plus tard : il vont à vive allure sur leurs vélos de course et font trois quand je fais un. Mais la grande fraternité des cyclistes fonctionne : à chaque fois, on se salue d’un sourire ou d’un un geste de la main.

Autre rencontre ; m’étant arrêté à la crêperie Le lavoir sur les bords de l’Yonne (moins pour manger une crêpe que pour boire une bolée de cidre), jai une longue discussion à propos de l’Yonne avec mon voisin de table. Il me demande d’où je viens, où je vais, et nous parlons de ce département. Je lui dis combien je suis agréablement surpris de ma balade et de cette Yonne que je connaissais si mal. J’étais allé une fois avec Katia à Villeneuve sur Yonne et ce département souffrait dans mon esprit de sa réputation et de l’image que j’avais gardé de cette bourgade : quelque chose de morne et de vaguement mauvais : le docteur Petiot fait ville et département ! Et mon bonhomme d’enfoncer le clou en me parlant des disparues de l’Yonne et d’Emile Louis ! Que de sales affaires, en effet. Mais je n’en démords pas : l’Yonne vaut mieux que l’image du docteur Petiot qui lui colle au visage ! (Mais on ne prête tout de même qu’aux riches. Si l’on me demandait d’où étaient natifs le deux tortionnaires de la Gestapo française, de la rue Lauriston – qui ne s’appellent pas Bonny and Clyde mais c’est le nom qui me vient à l’esprit – j’aurais spontanément répondu : l’Yonne).

Sur ces belles paroles (et des conseils d’itinéraire que je ne suivrai pas ; je me fie à mon GPS), je reprends ma route, suivant le joli canal jusqu’à Mailly la Ville.

A l’écluse de Sainte-Pallaye, je m’arrête pour écouter le joli bruit de l’eau.

On quitte le canal à Mailly la Ville qui a deux sirènes : l’une sur le canal, et l’autre, que j’aime beaucoup, gracieuse et accompagnée d’un chat, devant la mairie. Elle est l’oeuvre d’Yves Varanguin.

Et puis on affronte les monts et les plateaux sous le soleil chaud qui décline.

Que de merveilles !

Dans la dernière partie du parcours, on traverse la forêt d’Asquins qui est comme un conservatoire de limaces oranges. Puis on traverse Asquins, passant sous son église perchée et c’est la dure montée sur la butte de Vézelay.

De Vézelay, je reparlerai.