Montargis-Paris

120 km et une arrivée très longue et très pénible à Paris.

Je n’ai pas pris le temps de visiter Montargis mais ai cependant vu de jolis ponts franchissant le Loing et entourés de belles maisons. Et puis, perché tout en haut de la ville, le château.

J’étais entré dans Montargis aux cris d’une dispute entre occupants d’une voiture ; c’est aux cris d’une autre dispute que j’en sors : sur la route de Château-Landon, les habitants de deux appartements d’un même immeuble se hurlent l’un sur l’autre, tapent sur les balcons et donnent des coups de pieds dans les gouttières, ameutant toute la rue, qui se retourne vers eux.

Je passe. Plus loin, la route franchit le canal d’Orléans.

A l’endroit où la route tourne un peu pour franchir le canal, est accroché une petite plaque en mémoire de David qui, probablement, perdit là la vie dans un accident routier. On en voit assez souvent, de telles plaques. J’en avais vu une, la veille, près de Malicorne : « Que le malheur de t’avoir perdu ne nous fasse pas oublier le bonheur de t’avoir connu. » y était-il poétiquement écrit.

Au nord de Montargis, s’étendent de grandes plaines céréalières où la diversité des fleurs que j’avais admirée hier laisse place à l’unité de la monoculture. Il n’y a guère que les coquelicots pour rompre la monotonie des champs (et ils poussent partout, y compris sur les épaves d’engins agricoles abandonnées dans les champs !).

Il y a aussi, pour rythmer l’espace et sa platitude, les ronds-points qu’on trouve un peu partout, les autoroutes qu’on croise et recroise et ces immenses machines qui déversent les céréales fauchées directement dans des camions.

 

 

Arrêt à Préfontaines pour aller voir la jolie église Saint-Jean Baptiste et son beau porche roman.

Longs et multiples arrêts ensuite à Château-Landon dont je ne vois pourtant qu’une toute petite partie.

Sans l’avoir cherché et sans avoir même connu son existence, je passe d’abord devant les restes d’une tour romane isolée au milieu d’une cour. Les proportions sont belles et les petits visages sculptés charmants.

Le propriétaire des lieux s’approche, m’explique que cette tour, dite tour Saint-André, dernier vestige d’un monastère, est classée monument historique et est propriété de la commune, mais qu’elle est entièrement enclavée dans son terrain privé. A l’intérieur, la voûte s’écroule, ce qui la rend dangereuse, mais la commune na pas les moyens de la réparer.

Un peu plus loin, dans la ville, un puits doté d’un mécanisme perfectionné de levée du seau.

Non loin du puits se dresse l’immense clocher de l’église Notre-Dame de l’Assomption. Il y a longtemps que je le vois, depuis la route et je le croyais un clocher moderne, tellement il est haut ; 57 mètres, disent les livres. Je ne le trouve pas très gracieux. Avec ses grandes fenêtres, il me fait penser aux tours de la cathédrale de Noyon. Je préfère les porches de l’église, avec leur simplicité géométrique, et les petits visages de personnages qui y ont été sculptés.

De l’autre côté de l’église, je m’arrête pour boire chez un restaurant et café turc au patron sympathique : Kapadokya. J’y bois force diabolos-menthe, boisson adorée.

Je repars alors qu’il il fait déjà très chaud, passe devant une usine qui parait désaffectée mais ne l’est peut-être pas et continue ma route dans la plaine gâtine qu’écrase le soleil.

A Bougligny, les murs d’une école clament qu’ils ne veulent pas qu’elle soit fermée.

A Bougligny toujours, puis a Aufferville, de massifs clochers sur de simples églises.

Dans cette remontée vers le Nord, la végétation peu à peu se diversifie. Il y a quelque part la toile abstraite que dessine, contre le bleu du ciel, je ne sais quelle culture aux fleurs violettes. Puis ces grands bouquets plantés jaillissant des murs des églises. Et enfin cette joyeuse danse de fleurs multicolores épousant les mouvements du vent.

Plus loin, a proximité de Larchant, la route indiquée par mon GPS s’avère être coupée par une carrière de silice. Un long contournement a été construit sur un des chemins d’accès duquel on trouve un panneau indiquant : « Défense de déposer des ordures. Merci de respecter la nature. » Venant d’un industriel qui a défoncé le sol et défiguré la paysage sur des dizaines d’hectares, cela ne manque pas d’air, je trouve !

A la Chapelle La Reine, l’église Sainte-Geneviève a, sur son porche, des visages sculptés et sa voussure un petit personnage qui fait songer aux esprits de la forêt de Princesse Mononoké.

Quelques kilomètres encore, parmi les fleurs et les insectes en habits qu’on croirait dessinés par Michel-Ange.

Arrivée a Milly la Forêt. C’est jour de fête et il y a plein de monde (ainsi qu’un petit train) au café ou je m’arrête pour boire ce que l’on sait.

Je vais ensuite voir l’église : Notre-Dame de l’Assomption (encore !) dont le portail, écrasé, est magnifique.

C’est dans cette collégiale que se trouvent les reliques de Saint-Wulfran, que j’ai déjà croisées à Abbeville et à Sens (dont il fut évèque).

On y trouve aussi une vierge à l’enfant dont le socle porte des animaux fantastiques.

C’est à partir de Milly, que je quitte peu avant 16 heures, que les choses empirent et deviennent pénibles. On est encore loin de Paris mais en cet après-midi de retour de pont, la circulation est déjà très dense. Et elle le sera de plus en plus.

Il me faudra encore près de cinq heures pour rentrer chez moi en suivant finalement les voies les plus encombrées et les plus polluées : Corbeil-Essonne, Evry, Ris-Orangis, Viry-Chatillon, Juvisy, Athis-Mons, Morangis, Chilly-Mazarin, Anthony, Arcueil, Montrouge.

A Evry, je découvre quand même la pagode Khanh Anh (la plus grande d’Europe). Et puis plus loin l’Orge qui coule. Et puis à Juvisy l’Observatoire Camille Flammarion (où l’observation des cieux doit être devenue difficile…)

Mais cette longue rentrée dans la chaleur parmi les voitures qui roulent pare-choc contre pare-choc est épuisante. Bien plus que ne me l’avait paru le départ.

La fatigue du voyage doit jouer.

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Aldor (le blog)

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