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En marchant d’Asquins à Vézelay puis Brèves

C’est une petite étape, 17 kilomètres, conçue à dessein pour me laisser un peu de temps à Vézelay, même si je connais le lieu.

Réveil très agréable, au petit matin, dans le camping d’Asquins. Je prends un café rapide, fais un brin de toilette, puis plie ma tente après l’avoir faite sécher de l’humidité de ma respiration.

Je traverse Asquins, aux chaussées marquées de la coquille Saint-Jacques, puis amorce la montée vers La Cordelle et Vézelay.

Dans l’allégresse du matin, on est heureux de faire cette petite montée, cette petite ascension. Il me semble que c’est vraiment ici que devrait commencer tout chemin de Vézelay. Non pas à Vézelay mais à Asquins, pour le plaisir et l’émotion de pouvoir ensuite rejoindre à pied la belle colline.

A mi-hauteur, la Croix qui localise le lieu d’où Bernard prêcha la Croisade en 1146. Et tout à côté, la chapelle de la Cordelle, bâtie pour commémorer l’événement et où s’installèrent ensuite les premiers franciscains français.

On poursuit ensuite la montée vers la basilique, franchissant les portes de la ville.

J’arrive au pied de la basilique tandis que les cloches sonnent, appelant à la messe.

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C’est sans doute un signe ! Du coup, j’entre dans la basilique et assiste à la messe, ce qui ne m’est pas arrivé depuis bien longtemps. Mon sac à dos, adossé à une colonne, fait grand effet et est l’objet de l’attention de nombreux photographes.

Après la messe, je reste un moment à admirer la basilique, ses chapiteaux, le miel de ses pierres et ses autres splendeurs. J’allume un cierge en souvenir de tous les disparus.

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Je sors enfin, affrontant un soleil déjà haut. Je fais tamponner ma crédentiale à la boutique Pierre d’angle, tenue par les communautés monastiques puis descend la grand-rue pour trouver de quoi manger.

Autant l’intérieur de la basilique Sainte-Marie-Madeleine me ravit, autant son étrange façade, avec cet étrange pignon arrondi, me surprend au point de me choquer. Je préfère l’ange musicien qui en jaillit.

Je traverse le village ou flânent des touristes, passe devant la maison de Romain Rolland puis achète un sandwich à la boulangerie. Je le mange sur un banc ombragé de la place du Champ de foire.

Je repars ensuite.

En sortant de Vézelay, on prend la petite route de l’étang, qui passe devant la gendarmerie et une plaque élevée en l’honneur de résistants.

On continue jusqu’à prendre, a main droite, le chemin de la justice, qui est d’abord une petite route…

…qu’on quitte bientôt pour prendre, sur la gauche, un chemin rempli d’herbes.

Il y en aura plein, de tels chemins, peut-être parce qu’il a beaucoup plu les semaines précédentes, peut-être parce qu’à cause de la crise sanitaire, les randonneurs ont été rares. Quoi qu’il en soit, j’aurai souvent l’occasion de pouvoir me croire le premier de la saison à me frayer un chemin parmi les hautes herbes et suis rassuré par mes chaussures hautes et surtout par mes bâtons (qu’à dire vrai, j’ai d’abord pris pour me protéger des chiens. Mais j’ai peu à peu découvert qu’ils étaient efficaces pour la marche).

Toujours de jolies fleurs, un château d’eau et un balisage bien repérable.

On est dans la forêt : de grands chemins où subsistent de grandes flaques boueuses, une carcasse de bus abandonnée, du vert.

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Dans une clairière, je me fais dépasser et bavarde avec un couple de cyclistes faisant un grand tour, puis je continue, arrivant peu à peu à l’orée du bois,

A la sortie du bois, La Maison-Dieu, petit village dont la grande place de l’église abrite une grande table où je me repose un moment. J’y fais la connaissance d’Annick, qui suit le chemin accompagnée de son chien, dont elle porte la nourriture dans un chariot. Elle a été autorisée par le propriétaire à bivouaquer dans un jardin jouxtant la place de l’église ; elle m’explique les difficultés du chemin quand on doit tirer un chariot dans des ornières boueuses.

Je la quitte et, passant devant la mairie, suis interpellé par deux randonneuses, que je croiserai souvent les jours suivants, et qui m’indiquent qu’il y a là, à la mairie, un robinet d’eau, ce dont je profite. Puis quittant le chemin, je me dirige vers Brèves, où est la camping que la mairie a bien voulu ouvrir pour moi alors qu’il n’ouvre normalement que le lendemain.

J’arrive au camping où je suis très aimablement accueilli par une dame qui me fait découvrir les lieux et dresse ma facture : 6,22 euros pour la nuit. Je serai le seul occupant.

A nouveau et dans ces conditions, le camping est superbe : une grande prairie bordée par un champ où paissent des vaches, un enclos où un magnifique poney paraît croquer des pommes et la toute jeune Yonne qui court le long d’un côté. Des sanitaires propres et bien entretenus : c’est magnifique.

Je dresse ma tente puis vais me promener dans le village. Autour de l’église, un cimetière se serre. On y trouve la tombe de Romain Rolland, mort à Vézelay en 1944 et enterré là avec sa femme.

Je m’endors avec le chant des oiseaux.

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