Soissons, la ville du vase brisé.

J’avais gardé de mon enfance le souvenir, sans doute faux, ou confondu, d’une ville-rue, laide et grise ; je découvre tout autre chose : une ville où se croisent de grands boulevards et où se côtoient de grands hôtels particuliers.

Je découvre Saint-Jean des Vignes, cette grande façade éventrée aux extrémités de laquelle se dressent deux immenses clochers qu’on prend souvent pour ceux de la cathédrale.

De plus près, on voit que des détails demeurent. Ainsi, ces festons, cette gargouille ou cette statue représentant un homme au visage expressif monté sur une tête de bœuf :

Les restes de la nef et de la plupart des bâtiments de l’abbaye sont désormais parmi les herbes. Un peu plus loin, tout cela avait servi d’arsenal et de caserne. Les murs en gardent la trace.

Comparée à Saint-Jean des Vignes, la cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais, vraie cathédrale de Soissons, déçoit. Elle n’a ni l’immense beauté de la cathédrale de Reims, dont je parlerai bientôt, ni le charme romantique des ruines de Saint-Jean. Elle est froide et a perdu la plupart de ses atours. Ne reste plus que la majesté de l’envolée des colonnes et le transept droit, asymétrique et lumineux.

Il y a malgré tout, restaurée et nettoyée depuis peu, cette statue de vierge à l’enfant dont la simplicité touche.

Un peut plus loin, dans la ville, les pauvres restes de l’abbaye Notre-Dame de Soissons.

J’ai voulu aller voir Saint-Médard et sa crypte mais tout était fermé

Tant pis pour les Carolingiens.

Et au revoir Soissons.


Sans grande importance mais à signaler : Soissons a, comme beaucoup de villes de province, suivi la mode consistant à paver les rues.

C’est sûrement très bien pour le charme mais que cela est difficile pour qui circule à vélo !