Reims-Château-Thierry

76 kilomètres, dit mon GPS, plutôt que 68, en troisième étape de mon aller-retour Paris-Reims. Le parcours n’est pas très long mais il traverse la Montagne de Reims, ou plutôt il l’escalade, la redescend, la re-escalade, et ce n’est pas sans raison que cela s’appelle la montagne de Reims.

Il fait chaud et je pars tardivement, vers 13 heures. Sortie de Reims par le sud-est de la ville, direction Bezannes et Les Mesneux. Un chat gris et blanc me salue. Plus loin, je longe pendant un long moment un bord de route colonisé par des centaines d’escargots montés les uns sur les autres.

A partir des Mesneux, la route monte parmi les vignes ensoleillées, bordées par endroits de grandes traverses de bois qui empêchent les champs de verser dans la route qui est comme taillée dans la terre.

Sur les hauteurs de la montagne, un tircis s’est empêtré dans le goudron de la route, qui se ramollit sous la chaleur. Je le prend et le dépose dans l’herbe ; il n’est pas très vaillant.

Près de Bligny, la guerre revient dans le paysage avec la nécropole nationale de la Croix-Ferlin. Des centaines de croix, un drapeau, des fleurs.

Un peu plus loin, au croisement de la D 386 et de la D 980, une très jolie vue apparaît, entre les arbres, sur les vignes accrochées aux collines.

A Chaumuzy, une petite statue rappelle Saint-Rémi, passé par ici et dont la tradition dit qu’il a miraculeusement fait grossir une fontaine.

Plus loin, en allant vers la Neuville-aux-Larris, une perspective s’ouvre, dans le plateau, et on redécouvre que cette fin de mois d’août est, comme en 14, le temps de la moisson, avec ses rouleaux de paille couleur de chaume qui remplissent l’horizon.

J’arrive à Cuchéry, et passe devant la petite église Saint-Maurice. Une placette l’entoure. Elle abrite un arbre à l’ombre duquel je prends un moment le frais.

C’est à Cuchéry que je réalise que, dans tous les villages traversés, il existe de petites, parfois toutes petites, maisons de Champagne, répertoriées par les panneaux indicateurs. À l’échelle du vignoble, c’est sans doute par centaines qu’elles se comptent.

À partir de Cuchery, commence une longue descente vers la vallée de la Marne, qu’on franchira peu avant Dormans.

Je vois, de loin, l’immense statue d’Urbain II dressée à Chatillon-sur-Marne (quelle curieuse idée que ce monument élevé à l’appel à la croisade !), traverse la Sémoigne qui, à Verneuil-sur-Marne, longe la jolie église Saint-Rémi puis remonte un peu sur les coteaux de la Marne.

Arrivant à Vincelles (plein de maisons de Champagne, à nouveau), je croise un renard qui traverse la route et plonge dans les vignes, puis m’arrête, un peu plus loin, pour me délecter de la couleur, du son et de fraîcheur d’une fontaine dont l’eau, malheureusement, n’est pas potable…

je traverse la Marne à Dormans et m’arrête dans un café pour me gorger de diabolos-menthe et remplir ma gourde d’eau fraîche.

Je sors de Dormans par l’avenue de Paris puis quitte la grande route pour aller vers Soilly. Le chemin monte tandis que le soleil commence à baisser.

Sur le chemin, les bourdons butinent et je m’arrête un peu à Soilly pour faire le tour de l’église Saint-Martin dont le soleil orange éclaire le beau porche a trois arcades.

La montée continue vers Les Coqs. On atteint alors une sorte de plateau. J’y croise six jeunes vaches blanches, avec lesquelles je reste un moment, des chardons puis des poneys, dont le crin sest pris sur les barbelés. A chaque fois, c’est une nuée de mouches. Les vaches semblent ne pas trop en souffrir ; les poneys sont horripilés et secouent la tête dans l’espoir de faire fuir les mouches qui, inlassablement, reviennent

La route passe au au-dessus de Saint-Agnan puis rejoint la vallée du Surmelin qu’elle rejoint à Celles-lès-Condé, avec sa belle ferme et sa belle église de la Nativité de la Sainte-Vierge.

À partir de Fossoy, on entre dans les faubourgs de Château-Thierry et la route est moins intéressante.

D’ailleurs, le soleil se couche. Je traverse rapidement Château-Thierry pour rejoindre Essômes-sur-Marne où je dors.

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Aldor (le blog)

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Un commentaire

  1. […] suivant une queue de cheval dont la Blondeur faisait des moulinets, Me rappelant le crin pris sur le barbelé, Et croisant – par six fois ! – celle-là dont l’allure Etait celle d’un […]

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