Reims, la ville des sacres et de l’ampoule de saint chrême amené par la colombe. Je suis venu ici pour le sourire de l’ange mais bien des choses y sont plus belles. Et la ville, d’abord, grande, aérée, claire, belle et riche.

Le centre de Reims, qui fut pourtant presque totalement détruit durant la première guerre mondiale, est fait de grandes avenues, de grandes places monumentales, de grands immeubles bourgeois, d’hôtels particuliers somptueux.

Et la ville est vivante. C’était l’été, bien sûr, mais à plus de 11 heures du soir, les rues, les cafés, les restaurants étaient encore pleins de monde, ce qui n’est pas si courant, en France, en dehors de Paris. Et je ne parle pas des oiseaux perchés dans un des arbres de la place du Chapitre et dont les piaillements étourdissaient les alentours !

Place royale, la sous-préfecture

La place Drouet d’Erlon

La place Drouet d’Erlon

La Banque de France place de l’Hôtel de ville

Hotel Le Vergeur, place du Forum

L’opéra

Les tours de la cathédrale depuis le cours Jean-Baptiste Langlet

A Reims, il y a la cathédrale Notre-Dame, qui est un joyau. C’est un joyau quand on la voit de loin, avec ses hautes tours, ces contreforts et toutes ses fioritures.

C’est un joyau quand on se rapproche d’elle et qu’on découvre les statues, les centaines de statues, parmi lesquelles celles des dizaines d’anges qui, un peu partout, dressent leur grande taille, étendent leurs grandes ailes plumées.

Et puis il y a les porches.

Trois porches ouverts dans le transept Nord , qui racontent le jugement dernier, des vies de saints et représentent Marie en majesté.

Et puis il y a les trois porches de la façade, immenses, dont celui, à gauche, ou l’on voit l’ange qui sourit (mais à la vérité, on retrouve ce sourire et cet ange, ou des presque semblables, à divers endroits de la cathédrale).

Quand on s’approche des tympans, des linteaux, des voussures, des ébrasements, tout un monde apparaît : scènes, histoires, damnés et bienheureux, diables, monstres, figures grimaçantes.

A l’intérieur, même émerveillement. D’abord à cause de ce mur, revers de la façade, couvert lui aussi de niches et de statues.

Et puis il y a ces diverses statues : Jeanne, étrangement impassible et l’ange, veillant sur le portail.

Et puis il y a les vitraux : les anciens et les modernes, dont ceux de Chagall, poétiques et doux.

Plus loin, dans la ville, la chapelle conçue et décorée par Léonard Foujita, qui y est enterré, ainsi que sa femme Kimiyo.

Foujita y a tout conçu. Mais quelle tristesse dans ces visages déformés, disgracieux, torturés ! Pourquoi Foujita, qui savait si bien rendre la beauté et la grâce de la femme peint-il ainsi ses personnages, comme s’ils sortaient du pinceau triste du Gréco ?

Il n’y a guère que visage de son épouse Kimiyo qui ait gardé sa grâce dans ce grand exercice d’auto-flagellation.

Il y a heureusement les vitraux, dessinés par Foujita et réalisés par Charles Marq (qui a également réalisé les vitraux ce Chagall à la cathédrale), moins morbides (même si Adam et Ève finissent malgré tout par se faire chasser du Paradis).

Il y a enfin, mignon dans son enfance mais malgré tout inquiétant avec ses yeux vides d’aveugle, et qui me rappelle la belle vierge de Courlandon vue la veille, le Jésus-enfant du calvaire du jardin.

Et puis a Reims, non loin de la Porte de Mars, il y a aussi les grandes et amples et belles halles du Boulingrin.