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Paris-Pithiviers par la vallée de l’Essonne

Une centaine de kilomètres – 104, dit mon GPS – entre Paris et Pithiviers, en suivant la vallée de l’Essonne. Et à Pithiviers, une nuit en tente : l’aventure !

Le départ est évidemment toujours plus tardif qu’il ne faudrait. Et je suis lourdement chargé puisque j’emporte désormais, comme un escargot sa coquille, une tente, un matelas, un sac de couchage et de quoi passer la nuit. Du coup, j’ai mes deux sacoches arrière et une sacoche à l’avant.

Départ par la rue des Fossés Saint-Bernard (Bonjour à la Libre pensée) puis par la rue Lhomond, la rue Mouffetard, l’avenue des Gobelins jusqu’à la place d’Italie.

On sort de Paris par la Porte d’Italie et on traverse Le Kremlin-Bicêtre puis Villejuif, avant d’atteindre Thiais et Choisy-le-Roi.

On traverse ensuite Orly, Villeneuve-le-Roi, Athis-Mons (qui est joli et est un mont).

L’itinéraire pris (composé par Geovelo) me faisant emprunter des petites rues calmes de préférence aux grands axes routiers, je suis frappé, une fois de plus, par le contraste existant entre ces deux types de voies. La laideur de la banlieue est celle des grands axes qui sont taillés et comme salis par les besoins de la circulation et de la consommation automobiles : grandes enseignes, grands parkings, grands trafics. Mais il suffit, ici comme à Venise, de s’éloigner de 20 mètres pour que tout change : les rues sont calmes et l’ambiance et les choses beaucoup moins aggressives.

On franchit l’Orge une première fois, en projetant son ombre sur l’eau.

A Juvisy-sur-Orge, on traverse les voies ferrées avant de franchir un autre bras de l’Orge. Puis on entre à Grigny.

On navigue ensuite entre Corbeil et Evry.

On entre à Corbeil en faisant face à l’imposant bâtiment des moulins, non loin de la grande place centrale, remplie de voitures, où je déjeune, au Salengro (en 2017, la terrasse où je suis assis avait vu un drame passionnel).

(Je découvre avec surprise que de nombreux cafés portent, un peu partout en France, le nom de Roger Salengro, ministre de l’Intérieur du Front populaire qui fut poussé au suicide par une campagne de diffamation de la presse d’extrême-droite. A moins que Salengro ne renvoie à autre chose ?)

Le clocher dépassant des halles est celui de l’église Saint-Spire, la vieille église de Corbeil qui a été élevée au rang de cathédrale en 1966. On la rejoint en suivant la rue Saint-Spire puis en franchissant un porche (celui de l’ancien cloître).

A partir de Corbeil, la route suit le cours de l’Essonne mais, pendant longtemps, je ne le verrai pas.

On monte un peu sur les hauteurs, par la rue de la Ferté-Alais où poussent de jolis bouquets de pâquerettes (ou peut-être s’agit-il d’une sorte de camomille ?) et où je rencontre d’autres cyclistes qui me dépassent tandis que j’arrose les camomilles.

On suit ensuite la D 191, qui traverse Ormoy. À Mennecy, de la coquelourde des jardins (Merci Maly !) pousse le long d’une maison peinte en bleu et blanc.

On longe ensuite le long mur du parc de Villeroy avant d’arriver à Fontenay-le-Vicomte.,

C’est après Fontenay, suivant la Route de Fontenay, la D17, qu’on entre vraiment dans la campagne, avec les champs de blé et ses coquelicots, même si c’est une campagne encore très humanisée.

On arrive ensuite à Ballancourt-sur-Essonne, avec ses tilleuls et ses arbres bizarres.

On prend l’avenue Guillemette de Bourbon-Busset qui conduit au château du Saussay, avec sa chaussée pavée bordée de grands platanes où une dame fait jouer son chien.

On continue et on franchit la voie ferrée. La maison qui garde le passage à niveau a un jardin dont les plantations sont alignées comme des bataillons.

On entre à Boigny-Baulne dont la rue des Saussaies longe les étangs creusés le long de l’Essonne. Les berges y sont entourées de cabanons et de roses.

Après Baulne, la Ferté-Alais. On quitte la rue Georges Herren pour suivre le Chemin aux chèvres, plus calme et que décorent des tags colorés.

Petit tour au centre ville où trône un buste de Sadi Carnot (qui n’a pourtant pas de lien particulier avec cette ville) et où s’élève la sévère église Notre-Dame. Tout à côté, un monument aux morts est étrangement surmonté d’un lion très britannique.

Après la Ferté-Alais, on quitte un moment la D105 pour suivre une voie piétonnière et cyclable, l’avenue de la Croix-de-Laye. Elle conduit à l’église Saint-Firmin, à Guigneville. On continue ensuite sur le même chemin.

A partir de Jouy, je crois, de gros rochers semblables a ceux qu’on voit dans la forêt de Fontainebleau parsèment les bas-côtés de la route. À Boutigny, une église au tympan refait.

On continue ensuite à s’enfoncer dans la campagne.

À Maisse, où je m’arrête pour boire, la route franchit la voie du RER. Tout à côté, des silos brillent.

A Bonnevaux, un château et, non loin de là, une chapelle-hangar.

A Buno-Bonnevaux, une jolie église en léger surplomb, puis on s’enfonce ensuite dans la forêt, étoilée de campanules mauves.

La route, ici, est très belle : d’un côté, l’Essonne qui coule tranquillement ; de l’autre, des rochers qui dégringolent.

Un cycliste père de famille m’explique qu’il grimpe souvent avec son fils au sommet de ce tas de géant pour voir le soleil se coucher.

A Nanteau (ou peut-être était-ce Prunay ?), l’église Saint-Martin perchée près d’un beau coquelicot et, dans le mur d’une maison, une tour, vestige d’un château disparu.

Après Malesherbes, on arrive à Buthiers, où les amoncellements de rochers font un spot d’escalade. On trouve également là des gravures rupestres que je n’ai pas le temps d’aller voir (et à la vérité, je n’ose pas trop non plus m’éloigner de mon vélo et de ses nombreuses et lourdes sacoches qu’on peut facilement enlever. Je sais qu’existent des systèmes de sécurisation ; il faudra que je m’y intéresse. ).

On traverse encore des villages, on longe encore des longues pierres (à Pierre Longue, la bien nommée, par exemple, par exemple), avant d’arriver au très joli village d’Augerville-la-Rivière, fief de Jacques Coeur et dont la place centrale abrite l’entrée d’un souterrain.

On continue ensuite sur la D25, passant par Briarres, Aulnay-la-Rivière, Bondaroy, où se trouve la grotte de l’évêque-ermite Grégoire de Nicopolis qui apporta son pain d’épices à Pithiviers.

Je passe vite dans ces villages car je dois arriver au camping avant que son propriétaire ne quitte les lieux. J’arrive enfin au camping des Lilas, ouvert toute l’année, qui s’étend sur les rives de l’Oeuf, une des deux rivières dont la confluence donne naissance à l’Essonne. Le propriétaire, m’a attendu.

Il est pilote à ses heures et me parle de la beauté de l’Essonne vue du ciel, des grandes propriétés que l’on découvre en avion, et de Yèvre, ou j’irai le lendemain.

Je rejoins mon emplacement et monte ma tente.

La nuit venue, après être allé dîner a Pithiviers, j’y essaierai mon nouveau sac de couchage, le mirage 3/4 de Valandré, caprice de la semaine précédente.


Les Lilas, un camping simple et tranquille avec de grands emplacements où l’on entend les crapauds et les corbeaux. Les sanitaires sont un peu défraîchis mais très propres.

2 Commentaires

  1. il est sûr que ce ne sont pas des pois de senteur sur le mur de la maison peinte en bleu et blanc….je pense à la coquelourde des jardins (silène coronaria)….que t’en semble, bernard?
    bravo pour cette magnifique et longue balade!

    • Aldor

      Bonjour Maly,

      Ta science horticole dépasse de beaucoup la mienne. Il semble que tu aies raison. Je corrige. Merci beaucoup.

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