J’ai passé mon enfance dans les quartiers sud, chics et résidentiels de Marseille, du côté du Prado et de la rue Paradis, non loin de cette avenue au bout de laquelle s’élève L’homme nu.Mes écoles maternelle et primaire étaient rue Jean Mermoz (c’est là que j’ai fait la connaissance de Paola) ; mon collège boulevard Périer, près de la rue Paradis.

C’est dans ce quartier, au-delà du Stade vélodrome et de l’Huveaune dont on franchit le cours asséché qu’est la Cité radieuse du Corbusier qui, avec le temps, se bonifie car le béton ne se dégrade pas, non plus que les plaques de céramique et les hublots de verre.

Nous sommes allés tout en haut, sur la terrasse, ou j’avais passé tant de temps, enfant à attendre ma mère qui prenait là des cours de gym.

Entre le quartier du Prado, la Corniche et Notre-Dame de la Garde, Marseille ondule sur les flancs des collines. C’est là que s’étend le Roucas blanc.Nous l’avons découvert en descendant de la basilique aux portes de bronze, basilique tout or et blanc dans le ciel de cette fin de mois d’août.

Le chemin qui descend passe a travers une faille coupant laa lontagne en deux. Puis l’on remonte, sur l’autre versant, a travers des petites rues et des escaliers aux murs blancs et aux fenêtres et portes bleues.

Nous sommes revenus par là un soir, descendant les rues vers la mer.

Sur la corniche se trouve le bâtiment du Marégraphe où est officiellement mesuré, 11 mètres plus bas, le niveau de la mer. C’est le niveau zéro des cartes et du monde.

La Corniche poursuit sa route serpentine à travers les criques, les anses et les vals : Anse de la Fausse monnaie, Vallon des Auffes, Anse des Catalans avec sa piscine.

On passe le Palais du Pharo et l’on rejoint ainsi le Vieux Port, sur lequel veille Saint-Victor.