Quelques jours passés à Lyon, que je ne connaissais pas. Et quelques promenades, le soir venu.

La Presqu’île est ce bras de terre séparant, en amont de la confluence, le Rhône de la Saône.

Partant de l’hôtel, il fallait, pour rejoindre la Presqu’île, traverser le Rhône, déjà large ici quand on le compare à la Seine des Parisiens. La passerelle du Collège, qui conduit au Lycée Ampère, est belle la nuit.

La Presqu’île, plus peut-être encore que le Vieux Lyon, est pleine de vierges à l’enfant, de madones surplombant les carrefours et surgissant de conques, comme des Venus. Celle-ci était très belle dans la nuit, plus belle dans la nuit qu’à la lumière du jour.

Il y en a une autre, gracieuse, tout proche de l’Hôtel-Dieu, qui ne porte pas d’enfant mais porte une couronne.

Il y a, sur la Presqu’île, de grands boulevards élégants, de grandes places, de grands bâtiments, de grandes galeries couvertes.

Il y a l’Hôtel-Dieu, où pratiqua Rabelais et dont l’architecture me fait penser à la Bavière, et dans la rue attenante la maison de Louise Labé.

Un peu partout, des cariatides.

La Presqu’île compte quelques jolies eglises : il y a Les Cordeliers, dont la largeur fait penser à une église italienne et dont le porche affiche les armes d’un Bonaventure qui y est enterré.

Beaucoup plus au sud, il y a Saint-Martin d’Ainay, construite sur ce qui fut anciennement le lieu du rivage du Rhône ou s’échouèrent les restes des martyrs tués en 177. C’est là, dit la tradition, que touchèrent terre les cendres de Blandine et de Pothin.

C’est une église étrange, construite avec de la pierre très blanche, mais remarquable par un ancien tympan et d’anciens chapiteaux.

Non loin de là (on est dans un quartier plein d’établissements religieux, le séminaire où le futur abbé Pierre fit ses études.

Et non loin de là encore, sur les quais de la Saône, la grande et belle synagogue de Lyon.

En remontant vers le nord, on arrive sur la place des Jacobins, avec sa belle fontaine (je me demande si un artiste serait aujourd’hui autorisé à bâtir au centre d’une ville une fontaine représentant ainsi des femmmes nues. Je pense que non.)

Plus au nord, la Croix rousse, avec sa légende ouvrière, ses boutiques de foire, ses rues et ses escaliers dégringolant vers le fleuve, et l’amphithéâtre des trois Gaules, où se tint le martyr de 177.