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La collégiale Saint-Léonard de Saint-Léonard-de-Noblat

Suivant le chemin de Compostelle et étant arrivé à Saint-Léonard-de-Noblat, j’ai passé quelques heures à la collégiale Saint-Léonard : d’abord pour la visiter puis parce que le prêtre, me voyant avec mon sac à dos, m’a invité à y suivre la messe, ce que j’ai accepté.

C’est une belle église, de style roman, bien assise sur son grand et large chevet, et qui, à l’exception du clocher, ne s’élève pas très haut. Elle est fermement ancrée à la terre.

La décoration est simple : autour des fenetres et du porche, la pierre est ciselée en fûts et rubans mais peu de statues viennent rompre la masse. Peut-être ont-elles été détruites.

Il y a le grand porche ( dont les décorations de portes sont aujourd’hui au MET, à New-York) et puis il y a l’entrée principale, sous le clocher, supporté par des colonnes aux chapiteaux sculptés dans une pierre au gros grain qui arrondit et adoucit les formes.

Tout à côté, un baptistère rond, rythmé par des colonnes rondes, qui reprend la forme et qu’on dit avoir été inspiré par le Saint sépulcre de Jérusalem.

Plus encore que l’extérieur, l’intérieur est simple, sobre, avec une belle lumière descendant du dome. Quelques chapiteaux sont sculptés, dans le choeur, mais ils sont haut perchés et on les distingue mal.

Quelques statues, rares : une vierge à l’enfant prise dans une pierre blanche, et un beau saint Roch, dont un ange soigne la plaie et auquel son chien apporte un pain.

L’église possède un trésor Je n’y ai pas prêté grande attention.

Il y a également, pres de l’entrée un très beau baptistère portant des visages.

Les absides du déambulatoire sont remplies d’ex-voto à Léonard, le briseur de chaînes ami de Clovis, dont le tombeau se trouve ici, surmonté d’une chaîne brisée.

Et dominant le choeur, le reliquaire.

Le prêtre ayant vu mon grand sac à dos posé sur un banc puis m’ayant aperçu visitant la collégiale me demande très gentiment si je veux assister à la messe qui se déroulera dans quelques minutes. Je le remercie accepte et continue ma visite.

A l’heure dite, je reprends mon sac et cherche la porte de la sacristie, ou la messe est censee se dérouler. Comme elle est fermée, je n’ose l’ouvrir et me prépare à repartir. C’est alors que le prêtre en ressort, me prie d’excuser cette fermeture intempestive et me conduit, à travers les dépôts de la sacristie, dans une pauvre petite pièce où quelques rares personnes, âgées pour la plupart, assises sur des bancs posés contre les murs, entourent deux prêtres et deux icônes.

Le prêtre qui m’a conduit revient sur la fermeture de la porte, faisant observer que ce comportement n’est guère conforme à l’esprit des Évangiles. Puis son collègue et lui célèbrent la messe. Ne connaissant ni les rites ni les prières je les observe plus que je ne les suis, et le prêtre s’en rend compte et paraît s’en sentir gêné. Il n’y pourtant aucune raison à cela : je suis bien là, avec les autres participants, heureux de la communion qui nous réunit, même si elle est, dans mon cas, laïque.

Merci à ce prêtre, à ces prêtres, de m’avoir invité, et aux fidèles de m’avoir accueilli.

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