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La Charité-sur-Loire, le prieuré et l’église Notre-Dame

J’ai découvert La Charité-sur-Loire comme étape sur le chemin de Compostelle et, y étant arrivé une fin d’après-midi, j’ai été frappé par sa grisaille : ville grise comme son nom, ai-je immédiatement pensé. Il faut dire que j’ai, de la charité, cette vertu si galvaudée, une opinion très mitigée, marquée qu’elle est dans mon esprit d’un soupçon constant de tartuferie.

Et grise, triste et lépreuse, La Charité l’est vraiment. C’est la couleur du ciel qui veut cela, la couleur de la Loire et la couleur des pierres.

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Grise comme l’immense Loire qui la mouille, granuleuse et tombant même en ruines comme ce grenier à sel qui menace de s’écrouler.

Et puis, au milieu de cette grande décadence, de ce grand abandon, il y a l’église Notre-Dame, dont le dome et le le chevet sont une merveille.

Il y a, sculptés dans de petites niches joliment décorées, des personnages. On les distingue mal.

Et, entre les chapelles du chevet, une petite maison de poupée.

Du côté de la nef, s’élève une grande tour, un immense clocher. Quand l’église fut bâtie, à la fin du XIème siècle, il y en avait deux, qui ressemblaient à celles de l’abbaye-mère, Cluny.

Et puis il y a le portail de la Vierge, qu’illumine le soleil couchant, et dans les anfractuosités duquel des hirondelles ont bâti leur nid.

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Au XVIème siècle, un incendie a ravagé la nef de l’église qui s’est écroulée.

Quatre travées ont été rebaties par le neveu de Colbert mais les dix premières ne l’ont pas été. C’est ce qui explique le long espace en forme de cour qui sépare le portail ancien et la tour de la petite porte bleue marquant l’entrée actuelle de l’église. On était là dans la partie de la nef qui s’est écroulée, qui n’a pas été rebâtie, et dont les bas-côtés ont été, au XVIIème et surtout pendant la Révolution, reconstruits et réutilisés comme habitations.

Et au bout, derrière la porte bleue prévenant qu’il faut veiller à ne pas laisser entrer les pigeons, ce qui reste de la nef et du chevet, avec le portail de la dormition, retrouvé dans les années 1920, et qui a été placé à l’intérieur de l’église.

Le plus étonnant, toutefois, c’est que cette ville de La Charité-sur-Loire, née du monastère clunisien et organisée autour de lui, soit devenue, au XVIème siècle, une nville protestante, jusqu’à devenir, en 1570, une des quatre places fortes que le traité de Saint-Germain donne, en gage de sûreté, aux Huguenots.

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