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En marchant d’Issoudun à Châteauroux

Quatorzième étape sur le chemin de Compostelle depuis Sens, neuvième depuis Vézelay et troisième de la randonnée d’août : une longue et fatiguante étape du fait notamment d’un long passage sur une route fréquentée et dangereuse et de la très pénible traversée des faubourgs de Déols et Châteauroux. Un peu plus de 37 kilomètres au total.

Je me lève tôt, avant l’aube, mal reposé d’une nuit que le carrefour proche a rendu bruyante. Mais, le temps de mettre à étendre mes toiles et de finir de recharger mon téléphone et ma batterie, le soleil s’est levé et mon ombre se dessine sir les murs quand je retraverse Issoudun.

Juste au nord de la ville elle-même, la rivière Théols se sépare en deux bras qui isolent une île. Il y a là une végétation luxuriante et, même dans ce matin, une agréable humidité.

Issoudun est belle mais endormie. J’admire cependant le Beffroi, la belle mairie et la Tour blanche. Puis traverse les vieilles rues de l’ouest de la ville avant d’entrer dans la campagne.

Je marche à travers des champs de tournesols puis arrive à Thizay, un joli village dont la petite place ombragée, qui ouvre sur un beau manoir, abrite des hirondelles virevoltantes.

Après Thizay, on chemine à travers une campagne plane, et on arrive à Sainte-Fauste, où je me suis arrêté pour déjeuner, autre joli village dont l’église ouvre sur une petite prairie entourant une croix, petite prairie couverte de fleurs jaunes et dont l’un des côtés abrute un banc et un banc-balançoire. Dans la chaleur qui montait, ce fut une pause très agréable, malgré la fermeture du point d’eau qui était indiqué.

Nouveau départ vers Diors. L’après-midi est toujours plus pénible que le matin : il fait chaud, les insectes sont plus irritants, on a, quand on marche vers l’ouest, le soleil dans les yeux et la fatigue, qui avait semblé disparue dans l’élan du matin, revient en force.

C’est dans ces conditions qu’après avoir traversé des champs, j’arrive à Diors.

C’est à Diors que, pour la première fois (mais non la dernière), je vois une place nommée Mis et Thiennot. Il s’agit d’un hommage rendu par de nombreuses communes du Berry a deux hommes condamnés au lendemain de la Seconde guerre mondiale pour une affaire de meurtre et que beaucoup, ici, considèrent comme les victimes d’une erreur judiciaire.

A partir de Diors, le chemin devient très pénible.

D’abord parce qu’il emprunte sur une grande distance une route nationale ou départementale à grande circulation et sans bas-côtés, ce qui la rend bruyante et dangereuse, notamment quand on croise des camions allant à toute vitesse et qui provoquent un puissant courant d’air ; ensuite parce que le chemin ne va pas directement vers Châteauroux mais fait un grand détour par le nord pour entrer dans Châteauroux via Déols, la cité-mère dont Châteauroux est née ; enfin parce que, avant d’obliquer vers Déols, la route traverse longuement le faubourg de La Martinerie, ancien ensemble de terrains militaires divers, immense, abandonné ou presque abandonné, et dont chaque mètre carré est couvert d’une couche noire de béton ou de goudron exhalant de la chaleur.

Dans ces terrains à l’abandon, de grands panneaux publicitaires annoncent la naissance prochaine d’un hub indo-européen. On n’y croit guère.

Après La Martinerie, le chemin oblique pour aller vers Déols. Long faubourg avec le soleil dans les yeux avant d’arriver au reste de l’abbaye. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_de_D%C3%A9ols

Ayant passé l’Indre, j’entre enfin à Châteauroux, rejoins mon hôtel et m’y endors.

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