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En marchant d’Éguzon à La Souterraine

Dix-septième étape sur le chemin de Compostelle depuis Sens, douzième depuis Vézelay, sixième et dernière de cette randonnée d’août pour laquelle je suis parti de Bourges. 32 km dans de beaux paysages, sous le soleil, dans des chemins remplis de mûres.

Je ne me lève pas à la première heure et prends le temps de faire sécher ma tente au soleil en ayant posé mon sac sur une table de pique-nique.

Quittant le camping, je prends la route vers le sud et rejoins le chemin de Compostelle vers La Feyte. Il fait beau et frais, les oiseaux chantent ; lherbe brille sous la rosée : ce matin encore, je me sens plein d’allégresse ; Rimbaud partant à la découverte du monde.

Dans les champs, des charolais : vaches et boeufs (c’est un peu plus loin que je verrai des taureaux).

Le chemin, progressivement, descend vers la Creuse et sa très belle confluence avec la Sédelle, fraîche et vive.

Puis le chemin remonte vers Crozant, dont les ruines du château dominent le fleuve : superbe point de vue.

Une petite montée raide fait accéder au village, situé plus haut que le château, avec sa grande place herbeuse bordée par l’église. Je pose mon sac un moment pour la visiter.

Après Crozant, le chemin redescend et suit pendant quelques kilomètres le cours joyeux de La Sédelle : l’eau est rapide, bondit de rocher en rocher, creuse par endroits des piscines le long de grands rochers plats. C’est là que, pour la première fois de la semaine, je partage, de loi en loin, un bout de chemin avec une randonneuse accompagnée d’un chien.

Puis on franchit la rivière et le chemin remonte dans une belle forêt. À un moment donné, une ligne électrique s’interrompt.

J’ai, les jours précédents, marché le long de ronces où poussaient des mûres. Mais, je ne sais pourquoi, c’est véritablement aujourd’hui que je les découvre. Peut-être mes yeux ont-ils fini par s’ouvrir vraiment ; peut-être est-ce que la région est plus sauvage, plus accidentée, et que les mûres y sont plus abondantes. Toujours est-il que je vais, aujourd’hui, faire une orgie de ces fruits délicieux que je cueille et mange avec plaisir.

Bientôt, La Chapelle-Baloue. Je passe d’abord devant l’ancienne gare puis devant une vieille et jolie croix plantée le long de la route.

Il y a, à La Chapelle-Baloue, une petite église, Notre-Dame-de-Lorette. À son portail, des visages ravinés par la pluie et le temps et, à l’intérieur, une Pietà. Dehors, une pierre est gravée.

Il y a un banc et de l’eau (Merci, la mairie !) ; je m’assieds un moment, grignote et bois.

Je repars. Le chemin (une petite roite tranquille) va agréablement de colline en colline. Partout des ronces portant fleurs et fruits que je déguste.

J’arrive à Saint-Germain-Beaupré, avec sa petite place et sa petite église au clocher recouvert d’ardoise.

Un peu plus loin, un atelier de taille de pierre. On y voit une ancienne pierre tombale issue dune concession perpétuelle. Pauvre famille Brunet !

Un peu plus loin sur le chemin, un magnifique et imposant taureau et deux scarabées d’or faisant des galipettes.

Arrivée à Saint-Agnant-de-Versillat. Je commence à fatiguer mais ne trouve rien pour m’asseoir et poser mon sac. Et me voici un peu remonté contre ces communes qui, délibérément, choisissent de ne rien faire pour les randonneurs ou les pèlerins qua.d dautres choisissent au contraire de les aider en leur offrant des bancs ou de l’eau. Grâces soient rendues à La Chapelle-Baloue, et regrets à Saint-Agnant-du-Versillat !

À la sortie de Saint-Agnant-du-Versillat, il faut trouver le chemin qui quitte la route pour longer le cimetière. Joli chemin qui soudain, comme j’en ai fait d’autres fois l’expérience, paraît n’avoir été que très peu utilisé dans les semaines précédentes, si bien qu’il faut donner de grands coups de bâton pour écarter les orties.

J’arrive enfin à La Souterraine. J’ai a peine le temps de jeter un coup d’oeil à l’église, de me rafraîchir et de faire tamponner ma crédentiale avant de me rendre à la gare pour y prendre mon train de retour pour la Capitale.

Ainsi se terminent mes six jours de marche. Je sens les 180 kilomètres parcourus même si, au fil des jours, le corps s’est allégé et progressivement habitué.

2 Commentaires

  1. BAUDRY

    Merci pour ce récit et les photos qui l’accompagnent. Cela me parle car je me suis arrêté à Eguzon après 13 jours de marche depuis Vézelay (chemin de Nevers). C’était en juin dernier. Ma prochaine étape lorsque je reprendrai le chemin sera La Souterraine. Sans doute pas avant le printemps 2022… Hâte de repartir. Bonne continuation à vous. FB

    • Aldor

      Merci !

      Oui, on va peut-être laisser passer l’hiver avant de reprendre le chemin.

      Bonne continuation à vous aussi.

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