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En marchant de Varzy à Prémery

Quatrième étape depuis Accolay, 29 km environ, qui me font sortir en très grande partie du chemin de Compostelle via Bourges, parce qu’il faut bien que je dorme, que je n’ai rien trouvé pour me loger  sur le chemin direct entre Varzy et La Charité et que j’ai donc choisi le camping de Prémery,  sur le chemin de Nevers.

Je n’ai pas très bien dormi à Varzy. Le camping à l’abandon jouxte la route Nevers-Clamecy, et le trafic y est relativement dense. Je me réveille et me lève donc tôt, même si je perds pas mal de temps, ensuite, à faire sécher ma tente (sans d’ailleurs y arriver dans la fraîcheur du matin).

La journée commence par le retour vers le centre de Varzy (dont le camping est relativement éloigné). J’éprouve de l’agacement à l’égard de cette ville qui m’a joué un mauvais tour, et trouve, dans le spectacle des faubourgs de ce bourg, une nourriture à mon irritation : Varzy, ville qui s’étiole et dépérit, me paraît à l’abandon, comme ses trottoirs où l’herbe pousse comme si la municipalité avait baissé les bras.

Je passe devant le Goglu, où j’ai agréablement dîné la veille, puis prend à droite pour passer devant la statue d’André Dupin, natif du lieu, puis longer l’église Saint-Pierre, pas très jolie.

On prend ensuite la rue Saint-Pierre et on traverse le ruisseau de Coeurs où est installé un beau lavoir à coté duquel se dresse un vieux bâtiment religieux en voie de restauration, probablement le chapitre puisque c’est le nom de la rue.

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On prend ensuite la rue des Lilas qui, très vite, devient campagnarde.

On emprunte un moment la nationale 151, puis on prend à gauche une petite route indiquant la direction de la chapelle Saint-Lazare (que je ne suis pas allé voir, c’est dommage).

On marche ensuite longtemps sur de grands et larges chemins qui coupent la forêt en lignes droites, puis au sortir de la forêt, on arrive au très charmant village de Champlemy, mosaïque de maisons et de champs dans lesquels paissent des vaches.

C’est là, sur une dalle de pierre installée au croisement de la rue de vinaigre (une petite route) et de la rue des jardins (un chemin herbeux) que mon sac et moi nous posons un moment pour manger, boire, nous reposer, nous repaître de la beauté du lieu, et bavarder avec une jeune femme allant chercher son fils à l’école et l’en ramenant.

Puis je repars, allant voir l’église sur la facade de laquelle est gravé un texte qu’on lit difficilement.

Jusqu’à présent, mon parcours du jour suivait le chemin ; il s’en sépare désormais : je vais vers le sud, suivant la D 977.

A Giry, un joli château borde la route, et on voit, de l’autre côté, l’église Saint-Germain.

Puis la route longe la Nièvre d’Arzembuy, jolie rivière cheminant dans de jolies prairies où paissent des vaches blanches, y semant un tapis de jonquilles.

Puis on arrive dans les faubourgs de Prémery et c’est là que la direction du camping est indiquée.

J’arrive au camping. Les bureaux sont fermés comme souvent dans l’après-midi mais il y a quelques camping-cars et je m’installe à l’ombre sur un emplacement grand et vert, avant de rendre ma visite rituelle aux sanitaires qui sont propres, clairs et bien entretenus.

Ayant mis mes papiers et autres carnets dans le petit sac à dos de poche que j’ai déplié pour l’occasion (équipement indispensable !), je quitte le camping pour aller voir la ville.

A Prémery, il y a le château des évêques de Nevers.

Il y a aussi une curieuse mairie, surmontée d’une lanterne, une sorte de clocheton perchée sur une tourelle octogonale aux pans de verre qui termine le toit. On croirait un phare.

C’est dans la pharmacie de Virginie Acket, qui lui fait face, qu’on me tamponne très gentiment ma crédentiale avant de me souhaiter bonne continuation.

Assoiffé, je m’attable dans un café de la grande rue, chez Adra pour boire des diabolo-menthe et un demi, vais faire quelques courses au grand Carrefour de la ville, puis la retraverse pour revenir au camping.

J’aime bien cette ville. Au contraire de Varzy, qui paraît se déliter, Prémery a le côté structuré, solide, des villes ayant un passé industriel, à l’image de son camping.

L’église Saint-Marcel a un clocher très imposant, très massif. Et face à elle, se trouve un grand magasin tenu par le Secours catholique, qui revend des objets et appareils d’occasion. Je crois que c’est la première fois que je vois un tel magasin (ce qui est dire mon ignorance des choses du monde).

Le camping est situé tout à côté du bel étang des prés, serein en cette fin d’après-midi. Je le longe, vais payer mon dû à la gardienne du camping et au stagiaire qu’elle est en train de former (3,92 € pour la nuit !) avant d’aller manger (d’un cassoulet acheté au Carrefour) sur une table de pique-nique du camping puis de me coucher auprès des bébés escargots qui se sont rassemblés dans le pli d’un bouleau, tout à côté de ma tente.

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Je pense m’endormir avant les poules.

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