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En marchant d’Auxerre à Cravant

Une vingtaine de kilomètres pour rejoindre, depuis Auxerre, Cravant. C’est une étape plus courte qu’hier mais je pars plus tard et il faut ensuite que je trouve un train pour rentrer à Paris.

Je quitte le centre d’Auxerre par la rue Martineau des Chesnez, qui va vers le sud-est, croisant la rue Marie Noël et de belles maisons à colombages.

On poursuit vers le sud, rue Germain Bénard puis rue Louis Richard.

A un moment donné, le chemin remonte. La rue suit maintenant le tracé de la Via Agrippa. Le chemin s’en sépare un peu vers la gauche pour traverser une zone résidentielle puis rejoindre le GR13.

C’est une petite route, parfois encaissée, qui va au milieu des champs, dominant, à gauche et à l’est, la vallée de l’Yonne.

Des champs, de la terre, des vallons, et des messages laissés par des pèlerins.

Arrivé au sommet de ce qu’une rue, à Vaux, désignera comme « La montagne », la vue se dégage et les premiers coteaux de vigne apparaissent.

Dans la descente, parfois raide, les papillons, affichettes, foulards noués, se multiplient : une Sophie est passée par là en septembre.

On arrive à Vaux, avec sa jolie église fermée, et là on traverse l’Yonne, sur le pont dominant les barques englouties.

Arrivé sur l’autre rive, on longe le fleuve sur un sentier pedestre circulant entre l’eau et les propriétés.

Des petits bois, le fleuve tranquille, des marches permettant de descendre et monter un bateau.

A Champs-sur-Yonne, on quitte les rives du fleuve pour traverser le village aux maisons basses.

Au bout du village, on prend un petit pont de pierre traversant un petit bras du fleuve, puis on longe l’Yonne, agitée derrière un pont qu’on emprunte pour rejoindre la rive ouest et les écluses du canal du Nivernais.

Peu de temps après Champs, on passe devant le joli château de Belombre, qui fait face à l’eau.

C’est à cet endroit à peu près je crois que je vois filer au-dessus de l’eau, traversant le fleuve puis le longeant, une petite boule d’un vert-bleu brillant. C’est la première fois que je vois un martin-pêcheur, apparition merveilleuse.

Jusqu’à Cravant, on suivra l’Yonne. Ou plus exactement, parfois l’Yonne canalisée, et parfois le canal du Nivernais, qui s’en sépare.

Peu avant d’arriver à Vincelles, mais toujours semble-t-il sur le territoire de la commune d’Escolives-Sainte-Camille, une bâtisse et un parc où des statues se dressent ou s’épanouissent. C’est le musée Pierre Merlier (que je ne connaissais pas).

On entend les coups de fusil des chasseurs ; on croise de nombreux pêcheurs ; sur les côtés s’ouvrent des parcs fermés par des grilles rouillées par le temps ; des portails verdis par l’humidité.

À un endroit donné (je veux dire que je ne me souviens plus précisément du lieu) une épave de très vieux car scolaire se révèle qui se cache dans les fourrés, en face.

On arrive à Vincelles. Près d’un café, aujourd’hui fermé, où je m’étais arrêté quand j’étais ici à vélo, des cygnes nagent gracieusement.

Je me rappelle que, pendant mon enfance, et plus tardivement même, je pensais que les cygnes étaient des animaux domestiques, vivant toujours dans les jardins des hommes, et qu’on ne les trouvait pas à l’état naturel. C’est que les bassins des parcs mis à part, je connaissais très peu de plans d’eau douce.

Le canal se poursuit. À la sortie de Vincelles, la maison de l’éclusier est toute kitchement ennoëllée.

Peu avant d’arriver au pont de Cravant, le soleil transparait, changeant la lumière et la rendant plus belle.

A Cravant, je quitte le canal fleuve pour entrer dans le village. Il faut pour cela traverser le canal, puis ine sorte de presqu’île, puis l’Yonne. Un beau soleil éclaire alors le village dont je trouve le nom : Cravant, très beau.

Je passe sous la porte d’Orléans et remonte la rue d’Orléans jusqu’à la Tour Guette.

En redescendant, je m’arrête à la boucherie de Cedric Joublot pour faire tamponner ma crédentiale, ce que l’aimable boucher fait avec gentillesse et bonne humeur.

Puis je redescend vers le lavoir, le donjon et l’église.

Le donjon est très imposant. Ilba récemment été mis en vente par sa propriétaire ; je ne sais pas quelle est son utilisation actuelle.

C’est tout pres du dinjon que se déroula, en 1423, la bataille de Cravant ou s’opposèrent notamment, dans le cadre de la Guerre de Cent ans, les Écossais soutenant le roi de France et les Anglais soutenant le duc de Bourgogne.

Plus loin, enfin, l’église, la curieuse eglise Saint-Pierre-Saint-Paul, avec sa pierre blanche et son extraordinaire clocher finement ciselé qui, en cet après-midi, s’élevait, ensoleillé, dans le ciel bleu.

J’ai franchi à nouveau l’Yonne et le canal poir me rejoindre la gare de Cravant-Bazarnes.

Gare dont les guichets ont été fermés et où il n’y a plus qu’un automate. Pas d’horaires, pas d’indication des voies, pas un chat (mais du chauffage, heureusement). Il faut Internet pour savoir le train qu’on pourra prendre.

Finalement, j’attrape un car, qui m’amène à la gare d’Auxerre.

Là, après une longue attente, un train m’amènera à Laroche-Migennes où un autre train me transportera jusqu’à Paris.

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