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De Domrémy-la-Pucelle à Dienville

De Domrémy-la-Pucelle à Dienville, au bord du lac d’Armance : première étape du retour vers Paris et 110 km à descendre et monter, dit mon GPS.

Réveil matinal et café au croissant, tandis que je replie ma tente avant de recharger mon vélo.

Je pars à Greux puis prends la D166 puis la D19, plein ouest, suivant le Ruisseau des Roises.

Les Roises, Séraumont, Chermisey, Avranville, la route chemine de vallées en vallées, de plateaux en plateaux, de hameaux en hameaux.

A Séraumont (je crois), un chaton bariolé ; à Chermisey, des hirondelles serrées sur un fil de téléphone et qui piaillent joyeusement.

À Avranville, un agriculteur goguenard me propose de charger mon vélo sur la remorque que tire son tracteur, proposition que je décline. Nous nous suivons pendant quelques kilomètres puis il disparaît loin devant moi. Montées et descentes se poursuivent sous le ciel gris.

A l’approche de Grand, une chapelle consacrée à Libaire (j’ai d’abord lu, étonné, Libraire), la sainte du lieu. À côté, un imposant taureau.

J’arrive ensuite à Grand, l’antique Andesina, qui fut, dans les premiers siecles de notre ère, une grande ville romaine où passèrent notamment Constantin et Julien.

Il demeure peu de cette grande ville. Les restes du théâtre, des morceaux de thermes, l’ordonnancement des rues.

Andesina etait un centre religieux et une ville thermale. Il existe, sous le village d’aujourd’hui, des kilomètres de canalisations qui convergent vers ce qui fut un bassin central. Lais cest précisément sur ce bassin, dont les arrivees d’eau avaient probablement été bouchées par des événements géologiques, qu’a été construite l’église de Grand, avec sa tour massive, Sainte-Libaire. Et aujourd’hui, il n’y a plus ni source ni fontaine dans le village !

Ce qui demeure, en revanche, est une grande mosaïque autour de laquelle s’est construit un musée rassemblant les divers objets retrouvés lors des campagnes de fouilles.

A Grand, je prends la D71, puis la D427, vers Germay, Brouthières, Thonnance-les-Moulins. Murs de bottes de foin, instruments agricoles, petits villages.

Thonnance-les-Moulins, dominé par les arches d’une ancienne voie ferroviaire, suit le cours d’un ruisseau – le bien nommé Rongeant – qui y prend sa source et a profondément entaillé la pierre, permettant qu’y soient creusées des habitations troglodytes.

On suit ensuite le cours du Rongeant, avec ses maisons abandonnées, avant de bifurquer vers la gauche sur la D114 et de remonter vers le plateau, vers Maconcourt.

Ensuite, Vaux-sur-Saint-Urbain, Donjeux, paisibles villages dans de paisibles vallées ou paissent de paisibles vaches.

À Rouvroy-sur-Marne, un tout jeune poilu me salue. Quel âge a-t-il et à qui adresse-t-il ce bonjour, ou peut-être cet adieu ?

À Charmes-en-l’Angle, on quitte la D13 pour s’engager sur la D126. Petite conversation, à cet endroit, sois loeil intéressé de vaches et de veaux, avec un automobiliste qui s’est arrêté, qui me dit que mon vélo est beau mais trop lourdement chargé et que lui-même, en son temps, est allé au Portugal à vélo.

Je suis impressionné puis passe devant un beau manoir, au fond de la vallée du Blaiseron.

C’est ensuite une longue montée (toute cette journée n’aura été que montées et descentes), puis un cheminement vers Cirey-sur-Blaise, où je prends la D2 vers Arnancourt.

Arnancoirt n’est pas très riant mais jai la chance dy passer devant une courette où sont attablés des amis prenant un verre. Je suis alors sur la fin de ma deuxième gourde et leur demande s’ils peuvent me donner de l’eau. Ils le font très gentiment et, m’ayant demandé où j’allais, ims me préviennent que la route est encore longue, qu’elle est une succession de hauts et de bas et que, deux d’entre eux devant se rendre à Dienville, ils peuvent m’y emmener.

Je les remercie et repars.

Au bout du village, un joli lavoir sur la Blaise. Quelques gouttes de pluie tombent.

A Arnancourt, j’ai pris la D227. À Blumeray, voulant accélérer les choses car il commence à se faire tard, je prend la D60, qui file pratiquement droit jusqu’à Brienne-le-Château, non loin de ma destination.

Une grande route, qu’on voit se profiler devant nous avec ses rides.

Après Trémilly, sur la gauche, un grand monument, le mausolée d’Hippolyte Rozierre (1810-1889), dont – c’est assez terrible compte tenu de la taille du mausolée – je n’ai trouvé aucune trace et suis incapable de dire qui il fut ou ce qu’il fit.

A Chaumesnil, je prends la D11, à gauche, vers le Petit-Mesnil et La Rothière. Je passe devant une colonne qui perpétue le souvenir de la bataille qui s’est tenue là, le 1er février 1814, entre Napoléon et Blücher.

J’arrive enfin à Dienville et à mon grand camping du Tertre qui a l’avantage des grands campings (l’accueil et la boutique) mais qui est un peu cher pour l’état pas absolument parfait des sanitaires et qui a surtout le grand inconvénient d’être plutôt conçu pour les caravanes et camping-cars, avec du gravier, ce qui rend impossible le planter des piquets de tentes.

Mais enfin ! Il y a un bel arc-en-ciel et avant que la pluie ne se remette à tomber drue, le soleil se couchant au dessus du lac d’Armance nous offre un très joli spectacle.

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