Paris-Sens : 120 km qui font la première étape du Paris vers Vézelay et retour.

Départ de Paris par les quais : rive gauche d’abord puis rive droite, puis traversée de la Marne à Charenton pour aller vers Maisons-Alfort et Villeneuve Saint-Georges. A Maisons-Alfort, on passe devant une boutique de caveaux funéraires qui fait de réjouissantes réductions et devant une casemate d’octroi (mais de quel octroi ?)

On est dans la banlieue et on le reste jusqu’à Montgeron au moins. La traversée de Créteil et de Villeneuve Saint-Georges est très laide : tout est mangé par la voiture et dédié à elle : on ne trouve que stations-service, magasins d’équipement automobile, ventes de voitures d’occasion, magasins de pneus, etc.

Garés sur le trottoir, des dealers attendent le client qui arrivent en mobylette et qui passent commande.

Et comme dans la plupart des villes de banlieue, on a baptisé voies cyclables d’anciens trottoirs longeant les axes principaux et qui sont sales, défoncés de vieillesse et par les racines des arbres poussant à proximité, remplis de voitures qui s’y arrêtent. Elles sont inutilisables ; mieux vaut rouler sur la chaussée.

Après la petite colline de Montgeron (qui paraît une ville agréable) un premier vert arrive avec la forêt de Sénart qu’on traverse sur des pistes fermées aux voitures. On y voit des arbres, des arbres en fleurs, des fraises. On commence enfin à respirer.

Un passant, voyant mon nez qui coule, me conseille de le nettoyer le avec une solution de sel de l’Himalaya, et que cela est radical. J’essaierai.

Après la forêt de Sénart, on replonge dans la ville avec Corbeil-Essonnes.

Puis on ressort de la ville pour plonger dans la forêt de Rougeau à l’entrée des chemins de laquelle veillent, comme des sentinelles, des prostituées. Ce sera la même chose à Fontainebleau. Du coup, on ose moins s’arrêter aux abords des sentiers. Peur de déranger.

Melun : l’Ecole de la gendarmerie, le musée de la gendarmerie et l’église Saint-Aspais avec ses monstres sculptés.

Deuxième vert : la forêt de Fontainebleau. On ne suit que les routes : dommage.

Au bout de la forêt, Moret-sur-Loing.

Voilà une belle petite ville : de grandes portes médiévales, un donjon, dernier vestige du château fort royal, de vieilles maisons, dont celle du peintre Sisley, et puis le Loing, qui s’étend et forme plein de petites îles où les hérons viennent se poser et pêcher : une jolie cité.

A la sortie de Moret, on suit un moment un canal à la belle eau verte.

C’est à partir de là qu’on entre vraiment dans la campagne.Plein de petits villages mignons.

Villecerf, par exemple, avec sa petite église nichée au bout d’un chemin fleuri et qui a une jolie statue de [Saint-Antoine ? J’ai immédiatement pensé que c’était Antoine. A cause du livre ?].

Il y a Voulx, avec une église aussi, mais surtout un petit cours d’eau qui bruisse et virevolte.

Il y a, je ne sais plus où, à Dormelles peut-être, un formidable clocher qui ressemble à un donjon tellement il est massif…

Du côté de Dormelles, j’ai fait la causette à des chevaux, puis à des moutons qui me plaisaient beaucoup avec leurs couleurs mêlées. Il y avait également, à Villeroy, des dizaines d’hirondelles que je n’ai pu photographier et qui volaient joyeusement au milieu de la route, égayant tout de leur vivacité.

Et puis surtout, il y a les fleurs, rencontrées tout au long du chemin.Des fleurs diverses :

Et puis les coquelicots, fragiles et magnifiques, qui illuminèrent ma journée. Et cette question qui me taraude : d’où sortent-ils leur rougeur ?

Au bout du chemin, enfin, Sens, dont je reparlerai.