Pour qui vient de Paris, l’une des merveilles des petites villes comme Autun est l’accès immédiat à la campagne, à la vraie campagne.

On descend la rue de Breuil ou la rue Saint-Pancrace et on se retrouve tout à coup dans le vert, entre la butte où se dresse Autun et cette espèce de contrefort du Morvan où s’élèvent la Croix de la Libération et, plus modestement, Couhard.

À Saint-Pancrace, était la Porte de Rome aujourd’hui disparue. On la franchit puis on descend dans un entre-deux-monts au fond duquel un portail abrite des accessoires de carton-pâte, dont un homme à la caméra, perché sur un pylône, qui fait face au ciel et regarde les passants.

Le chemin remonte ensuite vers Couhard, dominant peu à peu Autun.

On arrive à Couhard, petit village le long duquel roule une rivière qui vient de la cascade de Brisecou. Sur le petit ruisseau, des feuilles mortes se pressent et font barrage, et des belles fleurs, cultivées avec soin dans d’étroits potagers, poussent le long de son cours.

En haut du village, l’église toute simple et pauvrette. Elle est dédiée à Léger, Saint-Léger, qui fut évêque d’Autun au VIIeme siècle, prit parti dans les querelles de succession de la dynastie mérovingienne finissante, et perdit. Autun, dont il avait relevé les remparts, étant assiégée, il se rendit pour éviter le massacre, ce qui lui valut d’avoir les yeux, les lèvres et la langue arrachés. Il parvint à s’enfuir et survécut miraculeusement neuf jours à ses blessures dans la forêt bordant la pyramide de Couhard, au lieu même ou s’élève l’église. Cest lui, tenant sa crosse, qu’on voit représenté à son fronton et au fond du choeur.

Juste derriere l’église, le lavoir.

C’est de là, suivant le ruisseau, que part le chemin allant à la cascade à travers un bois dont le sol était alors jonché de châtaignes et de bogues. Un panonceau indique qu’il s’agit d’un ancien chemin celte.

Le chemin avance dans la forêt jusqu’à une petite cascade dont le flux, alors, était faible, mais doit grossir au printemps.

On revient par le même chemin, bien balisé, mais cette fois-ci dans le même sens que celui du ruisseau, qui emporte des feuilles.

Revenu au lavoir, je suis allé voir la pyramide de Couhard, qui a fait la renommée du lieu.

On y arrive en passant devant ce qui est probablement une pompe à roue, belle dans son bleu rouillé, et en contournant une bâtisse sur laquelle une plaque indique qu’elle servit de quartier général à Giuseppe Garibaldi tandis qu’il commandait l’Armée des Vosges une des armées françaises que Gambetta avait levées, dans les semaines ayant suivi la défaite impériale de Sedan, à la fin de 1870. J’avais oublié que Garibaldi avait été commandant en chef d’une armée républicaine.

Enfin, la pyramide, ou plutôt ce qu’il en reste. Sous François Ier, elle gardait encore de grandes plaques du parement blanc : elle les a depuis perdues, certaines ayant été, dit-on, utilisées pour l’église de Couhard.

Aujourd’hui, la pyramide est un gros tas de quatre côtés et d’une vingtaine de mètres de haut, dans laquelle des tunnels, des fouilles et des trous ont été faits pour y chercher une caveau, un tombeau ou une salle sans qu’on ne puisse jamais rien y découvrir.

Ce monument domine une nécropole où de nombreuses urnes funéraires ont été découvertes, ce qui lui a donné son nom de champs des urnes

C’est de là que proviennent une grande partie des bustes qui décorent aujourd’hui la maison des Caves joyaux dont j’ai précédemment parlé.

De cet endroit, haut perché, on domine la ville.

Je suis revenu par le route de Broye et le chemin de la mine, passant devant de vieilles maison et de beaux champs.

Le chemin est joli et passe devant de belles demeures avant d’aboutir à Autun.